Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 10:28

Cette nuit j'ai rêvé de B., c'était tellement réèl ce rêve, que ça m'a beraucoup perturbée, et j'ai ressenti le besoin impérieux de l'écrire, avant de tout oublier, mais aussi pour m'en débarrasser.

 

Ca se passait dans la rue de Vincennes où habitent mes parents. Je me trouvais dans une voiture à l'arrière, garée, je ne sais pas qui était avec moi, peut-être O. et  H. mais je n'en suis pas certaine.

 

Face au jardin de mes parents était garée une autre voiture remplie de monde, B. en faisait partie, sa femme était là aussi, je la devinais sans voir son visage (sans doute du au fait que sur l'unique photo de son mariage retrouvée en fouinant sur Facebook, on voit son épouse de dos). Impression que je suis restée très longtemps dans la voiture, sachant que B. pouvait me voir, savait que je me trouvais là, mais feignait de l'ignorer. Il y avait de la famille et des amis à lui (que je ne reconnaissais pas, qui avaient sûrement changé) près de la voiture où il se trouvait, une portière était ouverte, c'était assez chaleureux je crois, ils semblaient heureux d'être là, comme s'il y avait eu une occasion spéciale. Plus tard, le conducteur de la voiture dans laquelle je me trouve décide qu'il est temps de démarrer. Je sais qu'on va devoir passer devant la voiture où se trouve B. (qui est toujours là !) et je me demande si je vais oser lever les yeux vers lui en passant devant, ou non. Je crois que j'ai peur de voir qu'il est heureux, ou qu'il ne me regarde même pas, et que ça m'atteigne plus que de raison. Ma voiture passe donc doucement devant la sienne, un visage se détache de la masse de gens, c'est le sien, nos regards se croisent, on est comme réunis un très court instant, on se comprend sans se parler, on s'interroge par un simple regard, puis très vite on est trop loin. C'est un moment très fort. Plus tard dans mon rêve, j'apprends par ma tante M. (qui vit au Rozel ! mais j'ai ma tante D. qui vit dans la rue de Vincennes où se passe le rêve - il faut savoir que ma tante M. aimait beaucoup B.) qu'elle a croisé B. un peu plus tôt dans la journée. Elle me raconte ce qu'ils se sont dit, je la presse de questions en tentant de ne pas me montrer trop intéressée quand même. Elle me dit que c'était très émouvant, car B. voulait montrer qu'il n'avait rien oublié du français qu'il avait appris du temps où on était ensemble. Elle me disait qu'il lui sortait des mots qui ne servaient à rien mais dont il se souvenait et que c'était touchant. Je crois qu'ils ont évoqué des souvenirs aussi et que ça semblait faire vraiment plaisir à B. Elle m'a dit qu'il avait appris que j'avais été malade (dans la réalité j'ai juste fait une dépression et perdu beaucoup de poids après notre séparation et les derniers temps de notre histoire), mais elle ne sait pas comment. J'apprends aussi que ma soeur l'a rencontré également. Je me dis très rapidement que ça n'est pas possible, je suis la seule qu'il n'ait pas croisée, que c'est étrange. Ma soeur est très enthousiaste aussi de sa rencontre avec lui, on sent qu'elle regrette presque le temps où on était ensemble, elle est un peu nostalgique oui c'est ça. Ou alors c'est moi qui transpose je ne sais pas. Je projette sur elle ma propre nostalgie. J'apprends que B. sait que j'ai eu une petite fille. Dans mon rêve je sens que je l'aime toujours, c'est très douloureux, comme si depuis notre rupture je jouais un rôle pour me faire oublier à moi même à quel point je souffre de n'être plus son amour. Toutes ces années.

 

Fin du rêve. Je voulais que ça continue, prolonger cet instant où on me racontait chacune de ses expressions et où on me rapportait chacun de ses mots, et ça se mélangeait avec la voix d'O. qui me disait bonjour et me prévenait qu'il se levait pour se doucher, et moi je voulais juste continuer à rêver à B. mais déjà c'était trop tard, le réveil avait sonné, O. m'avait parlé, mon rêve était brisé et volait en éclats.

 

Les instants qui ont suivi mon réveil, je me suis sentie dans un état vraiment bizarre. Si je m'étais écoutée j'aurais appelé B. pour lui dire à quel point il me manque et combien je l'ai aimé d'un amour que je le crains, je ne connaitrai jamais plus. Mais je sais que l'effet du rêve ne dure pas et heureusement d'ailleurs. C'est bien trop perturbant. Dans ces cas là, ce qu'il faut faire c'est ne pas tomber dans la facilité de l'idéalisation et se souvenir que si ce si bel amour n'est plus présent, c'est qu'il y a une raison, tenter de se souvenir des moments moins beaux, du B. des derniers mois, celui qui a baissé les bras, lorsque notre amour n'étais plus aussi fort. Je crois que ce rêve de B., arrive à un moment bien particulier et est très lié à ce que je vis en ce moment où je suis pas mal en crise avec O.

 

C'est une période très chargée pour lui niveau travail, et comme il a un tempérament assez distrait d'ordinaire (même s'il a fait de gros progrès et fait des efforts pour se corriger je le sais), c'est encore pire en ce moment et je me sens assez dépassée, épuisée et les côtés de lui qui ne me plaisent pas ressortent de manière disproportionnée dans ces moments là. Je crois que mon rêve a été aussi influencé par le livre que je lis en ce moment "Suite française" d'Irène Nemirovsky.

 

Ces derniers temps n'ont pas été très drôles, j'ai perdu ma grand-mère chérie, qui aurait eu 94 ans aujourd'hui. Elle me manque. Si j'y pense des larmes me montent aux yeux. Je suis allée à son enterrement au Rozel voici 3 semaines. J'avais toujours redouté ce moment, et comme toute chose, elle est arrivée, puis elle est passée. Ca a été extrêmement douloureux. Des souvenirs que j'avais complètement oubliés me sont revenus en pleine figure. Des souvenirs heureux. Un grand -parent, c'est un témoin de notre enfance, ça représente (dans la plupart des cas) la sécurité, la douceur, nos premières années de vie, la protection, l'odeur dû gâteau qui cuit dans le four, la tendresse, les chocos BN sur la plage, les repas de famille, la petite carte le jour de l'anniversaire. Même si je ne suis plus une enfant depuis bien longtemps maintenant, j'avais l'impression que je l'étais encore un peu quand même car j'avais toujours ma chère grand-mère, cette femme tellement admirable à la vie si difficile et qui me gardait quand j'étais malade enfant. Chez qui je voulais habiter, dans ce petit village tellement rassurant et que j'aime tant, le Rozel. Je me souviens que quand j'étais petite, chaque fois que je repartais du Rozel lorsque les vacances étaient terminées, c'était un véritable déchirement de mon coeur. Je ramenais des escargots à Vincennes pour ramener un peu du Rozel. Je crois que le bois de Vincennes a une jolie population d'escargots maintenant, et que c'est un peu grâce à moi. Je m'étais inventée aussi dans ma tête d'enfant une sorte de petit secret. Au bout d'une rue que je m'imaginais mystérieuse lorsque j'étais enfant, je m'étais persuadée que se trouvait le Rozel. Ca me rassurait. Je n'ai jamais tenté d'aller voir ce qu'il y avait en réalité (ou alors une fois, bien plus tard) mais ça m'aidait à supporter la distance de me dire que si j'avais besoin d'y aller, ça n'était pas si loin de chez moi. Voilà, pour moi, ma grand-mère, c'est le Rozel. Et le Rozel sans elle, ça n'est plus tout à fait la même chose. Même si mon grand-père que j'adore aussi est toujours là et qu'on va continuer de s'occuper del ui, lui acheter ses cigares et lui parler de ses pommes de terre qu'il cultive avec tant d'amour.

 

J'y retourne à Pâques, dans 3 semaines, avec O. et H., chez mes parents. La première fois depuis l'enterrement. Ma petite maman chérie aussi a vécu des instants très douloureux, elle était dévouée corps et âme à ma grand-mère, depuis toujours. C'est elle qui était présente lorsque ma grand-mère a eu son dernier soupir, et qui lui a fermé les yeux. Voir sa maman perdre sa maman, quand on est soi même maman. La vie qui tourne. Ca décale tout d'une place. Ma mère m'a dit, la veille de la mort de ma grand-mère, lorsqu'on savait que c'était ses derniers instants et qu'elle n'était déjà plus consciente, en pleurant "tu comprends, je l'ai toujours connue". C'est évident puisque c'est sa mère, mais je comprends tellement ce qu'elle a voulu dire. Puis le jour de son enterrement, ma mère m'a dit aussi qu'elle s'était toujours demandée comment faisait les gens qui pouvaient continuer à vivre et à sourire après avoir perdu leur mère, qu'à elle ça avait toujours semblé impossible. Moi aussi je ressens ça. Je crois que c'est elle qui me l'a transmis.

 

Trois semaines sont passées maintenant, et je vois que ma mère, bien que marquée, sourit de nouveau, avec nous, avec ses petites filles aussi.

 

Alors oui, la vie continue. La vie plus forte que la mort.

 

Avant de perdre ma grand-mère, j'avais aussi perdu ma tante C. d'Israèl. La soeur la plus âgée de mon père (73 ans, pas si âgée que ça donc). Mon père s'est rendu à l'enterrement avec son frère et ses deux soeurs et y est resté quelques jours. Une sorte de pèlerinage, qui étrangement m'a rapprochée de lui, dont je ne me sentais pas très proche ces derniers temps. Il nous a rapporté, à moi et à ma soeur, un petit papillon autour d'une chaîne acheté dans l'avion, ça m'a énormément touchée qu'il ait ce genre de pensée que je ne lui supposais pas, je pensais à tort qu'il n'avait pas ce genre d'attentions.

 

Dans les réjouissances de cette période, on peut aussi ajouter une mini fausse-couche faite voici 10 jours, une greffe dans la bouche, une fuite énorme chez nous suite à un "oubli" d'O. de fermer un robinet alors que l'eau était coupée dans l'immeuble et que l'évier était un peu bouché, et tout cela à un moment où O. est bien moins disponible que d'habitude, ce qui nous a fait pas mal rentrer en crise ces dernières semaines, avec des moments heureux parfois quand même. On essaye de nouveau d'avoir un bébé, c'est que ça ne doit pas si mal aller que ça.

 

Quant à ma petite chérie, je l'aime tellement fort que je sens mon coeur qui déborde. On est déjà en train de penser à l'école dans laquelle on la mettra d'ici 1 an et demi. Celle tout près de chez nous est tellement laide, grise et glauque, qu'on songe à la mettre dans le privé.

 

Suite au prochain épisode...

 

 

 

 

Par Zabatchka - Publié dans : Nouvelle vie
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Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 16:19

Par où commencer... j'ai décidé hier d'imprimer mon blog puisqu'il relate les premiers mois de ma rencontre avec O., et que ça me parait trop précieux pour prendre le risque que cela soit perdu un jour en cas de bug mondial de la planête Internet.

 

Un véritable trésor oui, un témoignage de celle que j'étais à l'époque, les premiers pas hésitants vers la vie que je me suis construite depuis, des interrogations sans fin qui m'ont fait sourire à la relecture, même si j'avoue que je ne suis pas si différente de la Julie de ces années-là.

 

C'est marrant que je parle de premiers pas, car justement (oh quelle belle transition !) ma petite H. adorée fait les siens depuis disons... 2 semaines.

 

Et oui, me voici donc maman, la dernière fois que je suis venue j'étais enceinte et je m'étais promis de venir écrire plus souvent, mais évidemment ça ne s'est pas produit, par manque de temps, par manque d'envie aussi certainement.

 

Alors cette fois-ci je ne vais rien décréter, simplement peut-être me dire que ce serait bien pour moi, quand je doute ou bien même quand je suis tout simplement heureuse, de venir l'écrire, juste pour qu'il y ait une trace de ces moments-là, car je me rends compte que c'est un grand plaisir de se relire autant de temps après.

 

Le problème c'est que je ne sais plus comment on fait, ça me parait artificiel, peut-être est-ce juste une question d'habitude à reprendre, je me mets trop de pression alors que personne ne va me juger puisque je n'ai plus de lecteurs maintenant, ce blog étant privatisé.

 

On est donc fin décembre 2010, on vient de fêter Noèl dans le Nord (c'est l'année du Nord, on tente d'être le plus justes possibles... l'an prochain ça se passera au Rozel donc :-)) avec la petite chérie qui n'a pas encore trop conscience de la fête, et on s'apprête à partir passer le nouvel an au Rozel avec mes parents. Et oui... les temps ont changé pour ça aussi, je crois que quand on devient parents on a plus envie de moments de calme en famille, on devient un peu chiants en fait.

 

Je dis ça mais je n'ai jamais rafolé du Nouvel an, où on se sent obligé de passer une soirée géniale juste pour faire comme tout le monde, parce que ça se fait, et que l'on soit finalement déçu, voire pire, mortifié d'ennui.

 

Donc cette année, j'ai "négocié" avec O., qui adorable comme il est, a accepté, que l'on soit au Rozel, où l'on est quasiment assurés de bien se reposer, de bien manger, de pouvoir parfois laisser H. à mes parents qui seront ravis, de passer de beaux moments en famille devant un bon feu de cheminée, une bouillote sur les pieds et un grog dans les mains, et de faire une petite cure de balades, bien emmitouflés dans nos doudounes locales. Pour moi c'est le summum du kif par les temps qui courent. Donc départ après-demain, jeudi, et retour lundi dans la journée pour ne pas devoir se taper les bouchons des retours de vacances dimanche.

 

Ce soir O. et moi on fête notre Noèl à nous, le "Noèl des darlings" comme on l'appelle, qui consiste à nous régaler d'un petit festin composé de foie gras (qu'on a ramené de Figeac où on est passés cet été) accompagné d'un petit lit de poire, de cuisses de canard confites et leurs pommes de terres rissolées à l'ail, de deux petites bûches (quand même !) et de vin qu'O. doit être en train de choisir au moment où j'écris. Et puis aussi, on doit s'offrir nos cadeaux... celui d'O. n'est plus une surprise, j'ai été forcée de lui dire, c'est une (très) belle montre. Quant au mien, mystère.

 

Je suis au travail là, on entendrait une mouche voler tellement c'est calme ces jours-ci... c'est aussi ce qui me permet d'écrire d'ailleurs, et qui m'a poussée à retourner sur ce blog et à l'imprimer, il y a longtemps que je voulais le faire mais ça n'était jamais le moment. O. est en vacances, et donc profite de son temps libre pour faire du sport, passer du temps avec H. qu'il accompagne chez la nounou à des horaires plus cools, ou encore avancer sur les petites listes de choses à faire que je lui envoie régulièrement :-)

 

Depuis que j'ai repris le travail, en septembre, j'ai parfois le sentiment de "rater" des moments essentiels de la vie de ma petite chérie, tous les progrès qu'elle peut faire en l'espace de quelques jours sont hallucinants. Lorsque je vais la récupérer chez sa nounou le soir, et que celle-ci me dit que H. a fait ceci ou cela, j'ai un pincement au coeur. Mais finalement ça passe assez rapidement car à peine rentrées à la maison, je constate par moi-même comme elle a encore progressé. Et puis il y a les week-ends aussi, où on tente au maximum de passer du temps tous les trois. C'est un tel amour que celui que l'on ressent pour son enfant. Il dépasse tout le reste, est très différent de l'amour pour son amoureux. Il est inconditionnel, c'est un fait. Je me demande comment je faisais avant d'avoir mon petit bout. Et pourtant j'étais bien aussi... mais je ne pourrais plus faire sans. H. fait plein de bisous en ce moment, des bisous qui font du bruit. Elle tend sa petite tête, serre sa petite bouche, cherche la joue et ça fait "clac", puis elle s'applaudit en souriant ensuite. Un ange, vraiment. Et elle est si jolie.

 

Bon, je ne vais pas faire comme tous ces parents qui ne font que parler de leurs enfants mais il est vrai que quand on devient maman, on oublie pour toujours et à jamais l'inconséquence, et on apprend par contre l'inquiétude, je suis moins légère qu'avant. Et oui, avant malgré les aparences j'étais légère ! H. est une partie de moi, une extension plutôt, alors quand elle a mal, j'ai mal aussi. Je ne crois pas être une maman complètement flipée, mais j'ai tendance à être vite inquiète quand même. C'est normal je pense.

 

D'ici deux mois, j'ai rendez-vous chez le docteur... avec O. on a décidé de ne pas attendre trop longtemps pour essayer de donner à H. un petit frère ou une petite soeur.

 

L'organisation avec deux bébés me fait très peur, mais je me dis qu'on s'arrangera toujours, qu'on s'adapte forcément.

 

Et puis ça peut prendre du temps aussi... je ne suis plus toute jeune moi.

 

Je ne l'ai pas encore dit mais je suis devenue tata pour la première fois il y a un peu plus d'un mois :-) Ma soeur a accouché d'une petite I., adorable, un bébé très différent de H. qui est blonde aux yeux bleux et le teint clair. En même temps, avec des parents comme C. et K., l'inverse aurait été surprenant :-$

 

Bon, je n'ai aucune idée de quand je reviendrai alimenter ce blog, peut-être plus tôt que je ne l'imagine... je pense avoir fait un tour rapide des évènements importants de cette période, il faut remettre en marche la machine, parler des faits, pour, qui sait, aller plus au fond des choses ensuite.

Par Zabatchka - Publié dans : Nouvelle vie
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 17:11

et pour elle peut-être un jour.

Plus de deux ans que je ne suis pas venue. Enfin, pour être honnête, disons plutôt "plus de deux ans que je n'y ai rien écrit", car il m'arrive d'y passer et de relire ce que je publiais à l'époque où ce blog a connu ses heures de gloire...

Il m'arrive de ressentir un peu de nostalgie de celle que j'étais, de ce que je vivais, de ma façon d'être alors, mais ça doit être assez normal au vu de la nouvelle page de ma vie que je suis sur le point d'initier.

Désormais, rien ne sera plus jamais "comme avant", c'est ça qui est effrayant, et excitant en même temps.

Je crois que lorsque j'ai cessé d'écrire, j'étais sur le point d'emménager avec mon amoureux, ou ça venait de se faire.

Au jour d'aujourd'hui, nous sommes toujours ensemble O. et moi, nous habitons toujours dans le même appartement même si nous sommes sur le point de déménager pour un nid plus grand... qui sera vraiment à nous cette fois... dans le même immeuble exactement.

Une chambre en plus et c'est presque tout comme différence. Une chambre en plus pour notre petite H. qui arrivera dans deux mois si tout va bien.

Je la sens bouger dans mon ventre plusieurs fois par jour, et c'est à chaque fois jouissif et étrange en même temps de me dire qu'en moi je porte un être vivant, notre bébé à moi et O., qui sera un mélange de lui et moi, le fruit de notre amour.

Qui aurait pu imaginer lorsque j'écrivais mes hauts et mes bas, que pas si longtemps après je serais assez forte et assez confiante en la vie pour la donner à un petit être justement. Certainement pas moi...

J'espère que j'aurai la volonté de venir verser quelques phrases de temps à autres, j'aurais du le faire depuis longtemps déjà.

J'aurai plus de temps dans quelque temps justement, mon congé maternité débutant très bientôt. Reste à savoir si je le prendrai.

Ce serait bien pour elle, et pour moi aussi en fait, j'ai souvent envie de recommencer à écrire, mais je ne suis plus dans le même état d'esprit qu'avant et ça me bloque. J'ai le sentiment que j'ai moins de choses à raconter, que je suis devenue plus sérieuse et que ce qui m'arrive est moins exaltant qu'au début de ma rencontre avec O. par exemple, où tout était à découvrir.

Je sais c'est absurde de penser ça, mais je me donne le tournis à moi même si je pense à tout ce par quoi j'ai pu passer comme phases avant d'en arriver là. Et puis j'ai l'impression aussi qu'avant, je faisais mille choses par jour, que je ne tenais pas en place, que j'avais une soif intarissable de vivre des expériences nouvelles. Mais ça devait être l'effet pillules magiques aussi... Je ne veux pas idéaliser cette période de ma vie, car je sais par quoi je suis passée et ça n'a pas été drôle tous les jours. C'est juste que ça correspond à une époque qui je le sais est révolue. Maintenant, et c'est lié à la naissance de notre petite fille bien sûr, plus rien ne sera vraiment léger, ni ne sera inconséquent. la voilà la différence.

C'est merveilleux d'être enceinte, c'est une parenthèse enchantée avant de vivre une rencontre qui n'en égale aucune autre j'imagine. Je l'aime déjà notre petite. O. en est fou aussi, il lui parle souvent en approchant son visage de mon ventre, et lui raconte ses journées et ce qu'on fait pour elle alors qu'elle n'est pas encore là.

Bon, je me rends compte que ce texte n'a aucune construction, que je passe d'un sujet à l'autre sans en avoir terminé avec le précédent, mais ça n'est pas grave. D'autant que maintenant ce blog est totalement privatisé, c'est fini les commentaires et l'étalage de ma vie, je n'écris que pour moi, pour me faire du bien j'espère. Et pour H. aussi qui me lira peut-être un jour.





Par Zabatchka - Publié dans : Nouvelle vie
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 /04 /Avr /2007 17:21

La réponse de B. n'a pas tardé, j'avais ses mots doux le lendemain, soit hier:

"tu ne mériterais même pas une réponse, mais vu que c'est la première fois que tu m'as déçu je tenais à te le faire savoir...

oublie mon adresse et mon nom"

Comme d'habitude quand je reçois un mail de lui, mon sang n'a fait qu'un tour. Comment MOI, pauvre merde, j'ose m'affirmer ? Et au nom de quoi devrais-je me taire ? De notre bel amour ? Non.

Ma réponse:

"Non, je n'oublie ni ton nom ni ton adresse pour l'unique raison que j'ai besoin de récupérer certaines choses encore chez toi après tout ce temps. Ta réponse ne me surprend pas du tout, et je dois dire que tu as de la chance de n'avoir jamais été déçu par moi jusqu'à maintenant, je ne pourrais pas en dire autant...

Mais bon c'est du passé et je ne veux pas faire la guerre, maintenant je suis passée à autre chose et je ne veux pas m'énerver donc sache que je ne m'attends à rien de toi, et qu'en ce qui concerne l'argent perdu, un "oui tu as raison" aurait largement suffi.

Les cassettes, tu peux en mettre une partie dans le sac G. et le reste dans un carton comme moi j'avais fait pour toutes tes affaires. Tu peux aussi y ajouter les clés de l'appart vu que si je me souviens bien, tu les as encore avec toi.

Tu peux envoyer le tout à cette adresse à partir de début Mai:

XXXXXX.

Merci."

S'il lui reste un minimum de dignité, il restera silencieux et me renverra ce qui m'appartient comme je le lui demande. S'il est intelligent il conviendra que ma demande de reconnaissance est justifiée. Mais je n'en attends pas tant de lui. En fait j'espère le silence car sinon je crains qu'on finisse par s'insulter. Sujet clos donc.

O. est bien-sûr au courant de tout ça. Il a halluciné quand je lui ai raconté dans les grandes lignes cette histoire. Il me soutient, reste proche.

Hier après le taf, et donc après l'envoi de ma réponse à B., je suis allée Place de la Sorbonne boire un coca en attendant O. qui m'a rejointe vers 20h15 car on allait passer la soirée dans un resto aves ses amis tout près de là.

En l'attendant hier, j'étais toute space, envie de pleurer, en colère, triste, frustrée, et avec un mot en tête "connard, connard, connard".

Je me suis encore interrogée sur le pourquoi de tout ça et comment on peut en arriver là, à presque détester une personne dont on a été si proche.

O. est arrivé, ça a un peu mieux été, j'hésitais à lui parler de la réponse de B., et de la mienne ensuite. Je me sentais space. Heureuse d'être là avec lui, mais un peu en décalage aussi. J'avais l'impression de revenir de loin, d'avoir retouché à quelque chose d'extrêmement désagréable, mais nécessaire.

On est allés au resto, et sur le chemin je me sentais plus forte pour lui raconter sans prendre le risque de me mettre à pleurer (ce que je craignais une heure avant).

Il a trouvé dingue et complètement déplacée la réaction de B. Le monde à l'envers.

Soirée très sympa avec ses amis, on est rentrés à moitié saouls chez lui en taxi à 1 heure du mat. Beaucoup de tendresse à table, plusieurs fois on s'est dits qu'on s'aimait et on a annoncé la nouvelle de l'appart à ceux qui ne le savaient pas... On était 10 en tout.

Dans l'ascenseur chez lui au retour, il m'a scotchée, en me disant: "tu sais, je crois que je n'ai jamais été aussi amoureux de quelqu'un. De toute ma vie hein ?!" ;-) J'ai trouvé ça tellement beau, que ça m'a toute émue.

Amour chez lui au retour, c'était fort, passionné, magnifique.

Ce matin, soleil dans sa cuisine pendant qu'on buvait le café (comme à l'époque où on s'est rencontrés, ça m'a fait repenser à ça, l'été dehors...). Puis on a pris le métro ensemble et il est descendu à Montparnasse...

Je l'aime ce garçon. Surtout quand je pense à ce à quoi j'ai echappé... Aucune comparaison possible. Lui il me fait du bien. Il ne me juge pas, ne me condamne pas, est ouvert, flexible, et je m'en sens aimée. Je suis moi même avec lui, et c'est un vrai luxe si je repense au passé.

Par Zabatchka - Publié dans : Chronique d'une reconstruction
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Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 20:17

Ca y est, il fallait que je le fasse depuis longtemps, et c'est fait. J'ai envoyé un mail à B., un mail utilitaire. Depuis juillet sans contact, ça va lui faire un choc, surtout quand il va voir ce qu'il y a dedans. Ce n'est pas un mail de règlement de compte, juste un mail qui remet les choses à leur place.

"Ciao,

Je t'écris parce que j'aurais besoin de récupérer toutes mes cassettes italiennes restées chez toi. J'étais restée silencieuse à ce sujet jusqu'à présent parce que je n'aurais pas eu de place pour toutes les stocker, mais je suis sur le point de déménager et maintenant ça sera possible.
Enfin, je voulais te dire, vu qu'on n'en a jamais parlé et que ça me semble juste même par principe, que si un jour il te vient à l'esprit de me restituer l'argent que j'ai investi moi aussi dans un projet dont je ne verrai jamais la fin mais qui j'imagine se concrétisera quand même, ce sera normal (10.000 euro).
Pour les cassettes, je te donnerai ma nouvelle adresse.
Porte-toi bien."
Voilà c'est fait, je m'attends à une réponse pas très agréable, mais au moins c'est clair maintenant. Jamais je n'aurais cru un jour m'imposer à ce sujet. Je n'espère pas le moindre sou bien sûr, juste une reconnaissance. Un "oui tu as raison". Mais ça non plus je ne l'aurai pas. Plutôt des sarcasmes sur le fait que j'ose lui demander un remboursement alors que si on a tout perdu c'était de ma faute. Je suis énervée d'avance. Au moins les cassettes ça devrait être bon.
Bon sinon tout va bien j'attends O. là ! ;-) Et je l'aime...
A très vite.
Par Zabatchka - Publié dans : Chronique d'une reconstruction
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