Cette nuit j'ai rêvé de B., c'était tellement réèl ce rêve, que ça m'a beraucoup perturbée, et j'ai ressenti le besoin impérieux de l'écrire, avant de tout oublier, mais aussi pour m'en débarrasser.
Ca se passait dans la rue de Vincennes où habitent mes parents. Je me trouvais dans une voiture à l'arrière, garée, je ne sais pas qui était avec moi, peut-être O. et H. mais je n'en suis pas certaine.
Face au jardin de mes parents était garée une autre voiture remplie de monde, B. en faisait partie, sa femme était là aussi, je la devinais sans voir son visage (sans doute du au fait que sur l'unique photo de son mariage retrouvée en fouinant sur Facebook, on voit son épouse de dos). Impression que je suis restée très longtemps dans la voiture, sachant que B. pouvait me voir, savait que je me trouvais là, mais feignait de l'ignorer. Il y avait de la famille et des amis à lui (que je ne reconnaissais pas, qui avaient sûrement changé) près de la voiture où il se trouvait, une portière était ouverte, c'était assez chaleureux je crois, ils semblaient heureux d'être là, comme s'il y avait eu une occasion spéciale. Plus tard, le conducteur de la voiture dans laquelle je me trouve décide qu'il est temps de démarrer. Je sais qu'on va devoir passer devant la voiture où se trouve B. (qui est toujours là !) et je me demande si je vais oser lever les yeux vers lui en passant devant, ou non. Je crois que j'ai peur de voir qu'il est heureux, ou qu'il ne me regarde même pas, et que ça m'atteigne plus que de raison. Ma voiture passe donc doucement devant la sienne, un visage se détache de la masse de gens, c'est le sien, nos regards se croisent, on est comme réunis un très court instant, on se comprend sans se parler, on s'interroge par un simple regard, puis très vite on est trop loin. C'est un moment très fort. Plus tard dans mon rêve, j'apprends par ma tante M. (qui vit au Rozel ! mais j'ai ma tante D. qui vit dans la rue de Vincennes où se passe le rêve - il faut savoir que ma tante M. aimait beaucoup B.) qu'elle a croisé B. un peu plus tôt dans la journée. Elle me raconte ce qu'ils se sont dit, je la presse de questions en tentant de ne pas me montrer trop intéressée quand même. Elle me dit que c'était très émouvant, car B. voulait montrer qu'il n'avait rien oublié du français qu'il avait appris du temps où on était ensemble. Elle me disait qu'il lui sortait des mots qui ne servaient à rien mais dont il se souvenait et que c'était touchant. Je crois qu'ils ont évoqué des souvenirs aussi et que ça semblait faire vraiment plaisir à B. Elle m'a dit qu'il avait appris que j'avais été malade (dans la réalité j'ai juste fait une dépression et perdu beaucoup de poids après notre séparation et les derniers temps de notre histoire), mais elle ne sait pas comment. J'apprends aussi que ma soeur l'a rencontré également. Je me dis très rapidement que ça n'est pas possible, je suis la seule qu'il n'ait pas croisée, que c'est étrange. Ma soeur est très enthousiaste aussi de sa rencontre avec lui, on sent qu'elle regrette presque le temps où on était ensemble, elle est un peu nostalgique oui c'est ça. Ou alors c'est moi qui transpose je ne sais pas. Je projette sur elle ma propre nostalgie. J'apprends que B. sait que j'ai eu une petite fille. Dans mon rêve je sens que je l'aime toujours, c'est très douloureux, comme si depuis notre rupture je jouais un rôle pour me faire oublier à moi même à quel point je souffre de n'être plus son amour. Toutes ces années.
Fin du rêve. Je voulais que ça continue, prolonger cet instant où on me racontait chacune de ses expressions et où on me rapportait chacun de ses mots, et ça se mélangeait avec la voix d'O. qui me disait bonjour et me prévenait qu'il se levait pour se doucher, et moi je voulais juste continuer à rêver à B. mais déjà c'était trop tard, le réveil avait sonné, O. m'avait parlé, mon rêve était brisé et volait en éclats.
Les instants qui ont suivi mon réveil, je me suis sentie dans un état vraiment bizarre. Si je m'étais écoutée j'aurais appelé B. pour lui dire à quel point il me manque et combien je l'ai aimé d'un amour que je le crains, je ne connaitrai jamais plus. Mais je sais que l'effet du rêve ne dure pas et heureusement d'ailleurs. C'est bien trop perturbant. Dans ces cas là, ce qu'il faut faire c'est ne pas tomber dans la facilité de l'idéalisation et se souvenir que si ce si bel amour n'est plus présent, c'est qu'il y a une raison, tenter de se souvenir des moments moins beaux, du B. des derniers mois, celui qui a baissé les bras, lorsque notre amour n'étais plus aussi fort. Je crois que ce rêve de B., arrive à un moment bien particulier et est très lié à ce que je vis en ce moment où je suis pas mal en crise avec O.
C'est une période très chargée pour lui niveau travail, et comme il a un tempérament assez distrait d'ordinaire (même s'il a fait de gros progrès et fait des efforts pour se corriger je le sais), c'est encore pire en ce moment et je me sens assez dépassée, épuisée et les côtés de lui qui ne me plaisent pas ressortent de manière disproportionnée dans ces moments là. Je crois que mon rêve a été aussi influencé par le livre que je lis en ce moment "Suite française" d'Irène Nemirovsky.
Ces derniers temps n'ont pas été très drôles, j'ai perdu ma grand-mère chérie, qui aurait eu 94 ans aujourd'hui. Elle me manque. Si j'y pense des larmes me montent aux yeux. Je suis allée à son enterrement au Rozel voici 3 semaines. J'avais toujours redouté ce moment, et comme toute chose, elle est arrivée, puis elle est passée. Ca a été extrêmement douloureux. Des souvenirs que j'avais complètement oubliés me sont revenus en pleine figure. Des souvenirs heureux. Un grand -parent, c'est un témoin de notre enfance, ça représente (dans la plupart des cas) la sécurité, la douceur, nos premières années de vie, la protection, l'odeur dû gâteau qui cuit dans le four, la tendresse, les chocos BN sur la plage, les repas de famille, la petite carte le jour de l'anniversaire. Même si je ne suis plus une enfant depuis bien longtemps maintenant, j'avais l'impression que je l'étais encore un peu quand même car j'avais toujours ma chère grand-mère, cette femme tellement admirable à la vie si difficile et qui me gardait quand j'étais malade enfant. Chez qui je voulais habiter, dans ce petit village tellement rassurant et que j'aime tant, le Rozel. Je me souviens que quand j'étais petite, chaque fois que je repartais du Rozel lorsque les vacances étaient terminées, c'était un véritable déchirement de mon coeur. Je ramenais des escargots à Vincennes pour ramener un peu du Rozel. Je crois que le bois de Vincennes a une jolie population d'escargots maintenant, et que c'est un peu grâce à moi. Je m'étais inventée aussi dans ma tête d'enfant une sorte de petit secret. Au bout d'une rue que je m'imaginais mystérieuse lorsque j'étais enfant, je m'étais persuadée que se trouvait le Rozel. Ca me rassurait. Je n'ai jamais tenté d'aller voir ce qu'il y avait en réalité (ou alors une fois, bien plus tard) mais ça m'aidait à supporter la distance de me dire que si j'avais besoin d'y aller, ça n'était pas si loin de chez moi. Voilà, pour moi, ma grand-mère, c'est le Rozel. Et le Rozel sans elle, ça n'est plus tout à fait la même chose. Même si mon grand-père que j'adore aussi est toujours là et qu'on va continuer de s'occuper del ui, lui acheter ses cigares et lui parler de ses pommes de terre qu'il cultive avec tant d'amour.
J'y retourne à Pâques, dans 3 semaines, avec O. et H., chez mes parents. La première fois depuis l'enterrement. Ma petite maman chérie aussi a vécu des instants très douloureux, elle était dévouée corps et âme à ma grand-mère, depuis toujours. C'est elle qui était présente lorsque ma grand-mère a eu son dernier soupir, et qui lui a fermé les yeux. Voir sa maman perdre sa maman, quand on est soi même maman. La vie qui tourne. Ca décale tout d'une place. Ma mère m'a dit, la veille de la mort de ma grand-mère, lorsqu'on savait que c'était ses derniers instants et qu'elle n'était déjà plus consciente, en pleurant "tu comprends, je l'ai toujours connue". C'est évident puisque c'est sa mère, mais je comprends tellement ce qu'elle a voulu dire. Puis le jour de son enterrement, ma mère m'a dit aussi qu'elle s'était toujours demandée comment faisait les gens qui pouvaient continuer à vivre et à sourire après avoir perdu leur mère, qu'à elle ça avait toujours semblé impossible. Moi aussi je ressens ça. Je crois que c'est elle qui me l'a transmis.
Trois semaines sont passées maintenant, et je vois que ma mère, bien que marquée, sourit de nouveau, avec nous, avec ses petites filles aussi.
Alors oui, la vie continue. La vie plus forte que la mort.
Avant de perdre ma grand-mère, j'avais aussi perdu ma tante C. d'Israèl. La soeur la plus âgée de mon père (73 ans, pas si âgée que ça donc). Mon père s'est rendu à l'enterrement avec son frère et ses deux soeurs et y est resté quelques jours. Une sorte de pèlerinage, qui étrangement m'a rapprochée de lui, dont je ne me sentais pas très proche ces derniers temps. Il nous a rapporté, à moi et à ma soeur, un petit papillon autour d'une chaîne acheté dans l'avion, ça m'a énormément touchée qu'il ait ce genre de pensée que je ne lui supposais pas, je pensais à tort qu'il n'avait pas ce genre d'attentions.
Dans les réjouissances de cette période, on peut aussi ajouter une mini fausse-couche faite voici 10 jours, une greffe dans la bouche, une fuite énorme chez nous suite à un "oubli" d'O. de fermer un robinet alors que l'eau était coupée dans l'immeuble et que l'évier était un peu bouché, et tout cela à un moment où O. est bien moins disponible que d'habitude, ce qui nous a fait pas mal rentrer en crise ces dernières semaines, avec des moments heureux parfois quand même. On essaye de nouveau d'avoir un bébé, c'est que ça ne doit pas si mal aller que ça.
Quant à ma petite chérie, je l'aime tellement fort que je sens mon coeur qui déborde. On est déjà en train de penser à l'école dans laquelle on la mettra d'ici 1 an et demi. Celle tout près de chez nous est tellement laide, grise et glauque, qu'on songe à la mettre dans le privé.
Suite au prochain épisode...

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