La réponse de B. n'a pas tardé, j'avais ses mots doux le lendemain, soit hier:
"tu ne mériterais même pas une réponse, mais vu que c'est la première fois que tu m'as déçu je tenais à te le faire savoir...
oublie mon adresse et mon nom"
Comme d'habitude quand je reçois un mail de lui, mon sang n'a fait qu'un tour. Comment MOI, pauvre merde, j'ose m'affirmer ? Et au nom de quoi devrais-je me taire ? De notre bel amour ? Non.
Ma réponse:
"Non, je n'oublie ni ton nom ni ton adresse pour l'unique raison que j'ai besoin de récupérer certaines choses encore chez toi après tout ce temps. Ta réponse ne me surprend pas du tout, et je dois dire que tu as de la chance de n'avoir jamais été déçu par moi jusqu'à maintenant, je ne pourrais pas en dire autant...
Mais bon c'est du passé et je ne veux pas faire la guerre, maintenant je suis passée à autre chose et je ne veux pas m'énerver donc sache que je ne m'attends à rien de toi, et qu'en ce qui concerne l'argent perdu, un "oui tu as raison" aurait largement suffi.
Les cassettes, tu peux en mettre une partie dans le sac G. et le reste dans un carton comme moi j'avais fait pour toutes tes affaires. Tu peux aussi y ajouter les clés de l'appart vu que si je me souviens bien, tu les as encore avec toi.
Tu peux envoyer le tout à cette adresse à partir de début Mai:
XXXXXX.
Merci."
S'il lui reste un minimum de dignité, il restera silencieux et me renverra ce qui m'appartient comme je le lui demande. S'il est intelligent il conviendra que ma demande de reconnaissance est justifiée. Mais je n'en attends pas tant de lui. En fait j'espère le silence car sinon je crains qu'on finisse par s'insulter. Sujet clos donc.
O. est bien-sûr au courant de tout ça. Il a halluciné quand je lui ai raconté dans les grandes lignes cette histoire. Il me soutient, reste proche.
Hier après le taf, et donc après l'envoi de ma réponse à B., je suis allée Place de la Sorbonne boire un coca en attendant O. qui m'a rejointe vers 20h15 car on allait passer la soirée dans un resto aves ses amis tout près de là.
En l'attendant hier, j'étais toute space, envie de pleurer, en colère, triste, frustrée, et avec un mot en tête "connard, connard, connard".
Je me suis encore interrogée sur le pourquoi de tout ça et comment on peut en arriver là, à presque détester une personne dont on a été si proche.
O. est arrivé, ça a un peu mieux été, j'hésitais à lui parler de la réponse de B., et de la mienne ensuite. Je me sentais space. Heureuse d'être là avec lui, mais un peu en décalage aussi. J'avais l'impression de revenir de loin, d'avoir retouché à quelque chose d'extrêmement désagréable, mais nécessaire.
On est allés au resto, et sur le chemin je me sentais plus forte pour lui raconter sans prendre le risque de me mettre à pleurer (ce que je craignais une heure avant).
Il a trouvé dingue et complètement déplacée la réaction de B. Le monde à l'envers.
Soirée très sympa avec ses amis, on est rentrés à moitié saouls chez lui en taxi à 1 heure du mat. Beaucoup de tendresse à table, plusieurs fois on s'est dits qu'on s'aimait et on a annoncé la nouvelle de l'appart à ceux qui ne le savaient pas... On était 10 en tout.
Dans l'ascenseur chez lui au retour, il m'a scotchée, en me disant: "tu sais, je crois que je n'ai jamais été aussi amoureux de quelqu'un. De toute ma vie hein ?!" ;-) J'ai trouvé ça tellement beau, que ça m'a toute émue.
Amour chez lui au retour, c'était fort, passionné, magnifique.
Ce matin, soleil dans sa cuisine pendant qu'on buvait le café (comme à l'époque où on s'est rencontrés, ça m'a fait repenser à ça, l'été dehors...). Puis on a pris le métro ensemble et il est descendu à Montparnasse...
Je l'aime ce garçon. Surtout quand je pense à ce à quoi j'ai echappé... Aucune comparaison possible. Lui il me fait du bien. Il ne me juge pas, ne me condamne pas, est ouvert, flexible, et je m'en sens aimée. Je suis moi même avec lui, et c'est un vrai luxe si je repense au passé.
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