Vendredi 6 avril 2007

La réponse de B. n'a pas tardé, j'avais ses mots doux le lendemain, soit hier:

"tu ne mériterais même pas une réponse, mais vu que c'est la première fois que tu m'as déçu je tenais à te le faire savoir...

oublie mon adresse et mon nom"

Comme d'habitude quand je reçois un mail de lui, mon sang n'a fait qu'un tour. Comment MOI, pauvre merde, j'ose m'affirmer ? Et au nom de quoi devrais-je me taire ? De notre bel amour ? Non.

Ma réponse:

"Non, je n'oublie ni ton nom ni ton adresse pour l'unique raison que j'ai besoin de récupérer certaines choses encore chez toi après tout ce temps. Ta réponse ne me surprend pas du tout, et je dois dire que tu as de la chance de n'avoir jamais été déçu par moi jusqu'à maintenant, je ne pourrais pas en dire autant...

Mais bon c'est du passé et je ne veux pas faire la guerre, maintenant je suis passée à autre chose et je ne veux pas m'énerver donc sache que je ne m'attends à rien de toi, et qu'en ce qui concerne l'argent perdu, un "oui tu as raison" aurait largement suffi.

Les cassettes, tu peux en mettre une partie dans le sac G. et le reste dans un carton comme moi j'avais fait pour toutes tes affaires. Tu peux aussi y ajouter les clés de l'appart vu que si je me souviens bien, tu les as encore avec toi.

Tu peux envoyer le tout à cette adresse à partir de début Mai:

XXXXXX.

Merci."

S'il lui reste un minimum de dignité, il restera silencieux et me renverra ce qui m'appartient comme je le lui demande. S'il est intelligent il conviendra que ma demande de reconnaissance est justifiée. Mais je n'en attends pas tant de lui. En fait j'espère le silence car sinon je crains qu'on finisse par s'insulter. Sujet clos donc.

O. est bien-sûr au courant de tout ça. Il a halluciné quand je lui ai raconté dans les grandes lignes cette histoire. Il me soutient, reste proche.

Hier après le taf, et donc après l'envoi de ma réponse à B., je suis allée Place de la Sorbonne boire un coca en attendant O. qui m'a rejointe vers 20h15 car on allait passer la soirée dans un resto aves ses amis tout près de là.

En l'attendant hier, j'étais toute space, envie de pleurer, en colère, triste, frustrée, et avec un mot en tête "connard, connard, connard".

Je me suis encore interrogée sur le pourquoi de tout ça et comment on peut en arriver là, à presque détester une personne dont on a été si proche.

O. est arrivé, ça a un peu mieux été, j'hésitais à lui parler de la réponse de B., et de la mienne ensuite. Je me sentais space. Heureuse d'être là avec lui, mais un peu en décalage aussi. J'avais l'impression de revenir de loin, d'avoir retouché à quelque chose d'extrêmement désagréable, mais nécessaire.

On est allés au resto, et sur le chemin je me sentais plus forte pour lui raconter sans prendre le risque de me mettre à pleurer (ce que je craignais une heure avant).

Il a trouvé dingue et complètement déplacée la réaction de B. Le monde à l'envers.

Soirée très sympa avec ses amis, on est rentrés à moitié saouls chez lui en taxi à 1 heure du mat. Beaucoup de tendresse à table, plusieurs fois on s'est dits qu'on s'aimait et on a annoncé la nouvelle de l'appart à ceux qui ne le savaient pas... On était 10 en tout.

Dans l'ascenseur chez lui au retour, il m'a scotchée, en me disant: "tu sais, je crois que je n'ai jamais été aussi amoureux de quelqu'un. De toute ma vie hein ?!" ;-) J'ai trouvé ça tellement beau, que ça m'a toute émue.

Amour chez lui au retour, c'était fort, passionné, magnifique.

Ce matin, soleil dans sa cuisine pendant qu'on buvait le café (comme à l'époque où on s'est rencontrés, ça m'a fait repenser à ça, l'été dehors...). Puis on a pris le métro ensemble et il est descendu à Montparnasse...

Je l'aime ce garçon. Surtout quand je pense à ce à quoi j'ai echappé... Aucune comparaison possible. Lui il me fait du bien. Il ne me juge pas, ne me condamne pas, est ouvert, flexible, et je m'en sens aimée. Je suis moi même avec lui, et c'est un vrai luxe si je repense au passé.

par Zabatchka publié dans : Chronique d'une reconstruction
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Mercredi 4 avril 2007

Ca y est, il fallait que je le fasse depuis longtemps, et c'est fait. J'ai envoyé un mail à B., un mail utilitaire. Depuis juillet sans contact, ça va lui faire un choc, surtout quand il va voir ce qu'il y a dedans. Ce n'est pas un mail de règlement de compte, juste un mail qui remet les choses à leur place.

"Ciao,

Je t'écris parce que j'aurais besoin de récupérer toutes mes cassettes italiennes restées chez toi. J'étais restée silencieuse à ce sujet jusqu'à présent parce que je n'aurais pas eu de place pour toutes les stocker, mais je suis sur le point de déménager et maintenant ça sera possible.
Enfin, je voulais te dire, vu qu'on n'en a jamais parlé et que ça me semble juste même par principe, que si un jour il te vient à l'esprit de me restituer l'argent que j'ai investi moi aussi dans un projet dont je ne verrai jamais la fin mais qui j'imagine se concrétisera quand même, ce sera normal (10.000 euro).
Pour les cassettes, je te donnerai ma nouvelle adresse.
Porte-toi bien."
Voilà c'est fait, je m'attends à une réponse pas très agréable, mais au moins c'est clair maintenant. Jamais je n'aurais cru un jour m'imposer à ce sujet. Je n'espère pas le moindre sou bien sûr, juste une reconnaissance. Un "oui tu as raison". Mais ça non plus je ne l'aurai pas. Plutôt des sarcasmes sur le fait que j'ose lui demander un remboursement alors que si on a tout perdu c'était de ma faute. Je suis énervée d'avance. Au moins les cassettes ça devrait être bon.
Bon sinon tout va bien j'attends O. là ! ;-) Et je l'aime...
A très vite.
par Zabatchka publié dans : Chronique d'une reconstruction
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Jeudi 22 mars 2007

Hier a été un vrai jour sans fin. Et là, je sens que je reviens de très loin...

J'avais envoyé à O. un mail dans la matinée, pour me justifier un peu de mon ton vide et atone de la veille, et du fait que je lui avais fait part de ma fragilité ces jours-ci. Voici donc le mail en question:

"Hi you,

j'espère que tu as passé une belle soirée hier, que ça t'a fait du bien ;-) [il sortait et allait annoncer la nouvelle de l'appart à son meilleur ami R. ndlr].

Moi je vais mieux, même si je sais que ces phases de manque de confiance et de fragilité font partie de moi et qu'il y en aura d'autres, je me "soigne" pour ça comme tu sais, j'apprends à mieux gérer du moins...

Voilà, je voulais juste te dire ça. Pas d'inquiétudes à avoir donc, je t'embrasse darling have a beautiful day...".

Plus tard, j'ai reçu ceci:

"Hi darling,

Justement après le coup de fil d'hier soir j'ai eu une petite inquiétude donc ton mail tombe à point nommé pour éclaircir les choses.

J'ai passé une bonne soirée hier : j'ai annoncé la grande nouvelle à R. qui était ravi. Mais bon je repensais quand même à notre coup de fil. Et puis un peu à ce week-end aussi.

Du coup j'avais prévu de t'en parler ce soir mais je me pose une question : pourquoi t'as l'air moins heureuse depuis qu'on a signé notre appart ?"

Gloups. Cette dernière phrase m'a fait l'effet d'un coup de poignard. Peut-être car elle sonnait juste. Non que j'étais moins heureuse, mais que je m'étais comme éteintee depuis le jour de la signature. Je comprenais sa question à un point incroyable. Son inquiétude aussi. Sans pouvoir m'expliquer à moi-même mon état.

Je l'ai appelé aussitôt après avoir lu ses mots, il était en compagnie de collègues, sur le point d'entrer en réunion, donc pas possible de trop parler. Je l'ai rassuré, enfin j'ai essayé. Je lui ai dit que j'avais juste le bonheur anxieux, que ce week end c'était juste le temps glauque, que c'était un concours de circonstances. Il m'a dit que des petits éléments isolés n'étaient pas importants, mais que quand on les mettait tous ensemble ça pouvait avoir son importance. Il voulait juste essayer de comprendre. Et moi à part lui dire que tout allait bien, que je l'aimais et que j'étais heureuse (à un moment il m'a dit "on ne dirait pas" - que je suis heureuse -), je ne savais pas quoi dire. On a du raccrocher car il rentrait en réunion, on a dit qu'on en reparlerait ce soir (gloups aussi, ça m'a rappelé mes anciennes discussions avec B.).

Après-midi glauquissime, d'autant que je lui avais envoyé un beau mail après qu'on ait raccroché, resté sans réponse, j'ai appris plus tard qu'il ne l'avait pas lu.

Soir: psy, à qui j'ai d'ailleurs imprimé ce que j'ai écrit dans mon dernier post. La séance a été assez complexe, dans le sens où pour la première fois on a abordé de front mon problème, puisque j'étais hier en pleine "crise". J'avais la voix qui tremblait, failli pleurer. Même si bon pour le moment, le problème est non identifié...

J'avais une peur panique d'aller chez O. ensuite, peur de la discussion inévitable, et de devoir me justifier, m'expliquer, sur un truc que je ne parvenais pas à m'expliquer à moi même. Peur de ne pas être convaincante car pas convaincue. Pas envie de le faire se poser des questions, de lui transmettre mes doutes et angoisses... Car le voir angoissé me destabliserait davantage encore.

Je suis arrivée chez lui, il était en train d'étendre sa machine, arrivé depuis peu, toujours en costard, un peu speed, sale journée au boulot aussi, qu'il m'a racontée... Un peu d'électricité dans l'air, quand il m'a demandé si ma séance s'était bien passée et que je lui ai juste répondu "oui", qu'il a fait "intéressante ?" et que j'ai répondu que "oui intéressante" avec apparemment un petit rire qui l'a agassé.

Puis il m'a rejointe dans le salon, m'a raconté ses problèmes au travail, avec parfois une main sur mon genou, et on a abordé le fameux sujet.

Je l'ai rassuré du mieux que j'ai pu, et plus je lui parlais, plus ça me soulageait. Ce que je voulais, c'était l'entendre me dire "tout va bien alors". Je lui ai demandé s'il me croyait, s'il était plus serein maintenant que je lui avait dit que peut-être, tout ça c'était aussi le contrecoup après l'excitation de la recherche d'apparts, les visites, et maintenant le vide puisque l'attente des clés. Il m'a dit que finalement on avait un peu réagi à l'inverse, que lui, avant de signer il avait eu du mal à conceptualiser, à se projeter vraiment etc et que maintenant il n'arrêtait pas d'y penser toute la journée, et que moi au contraire, depuis qu'on a signé on dirait que j'ai l'impression qu'il n'existe pas cet appart.

C'est un peu vrai...

Bref, on s'est serrés fort, je lui ai dit qu'il me rendait heureuse, il m'a répondu que ça le rassurait de me l'entendre dire car ces derniers jours il en avait douté. Mais que là ça allait mieux. Je lui ai dit aussi que c'était des états, que c'était MOI et pas lui et moi le problème. Que ça recommencerait certainement, que j'étais comme ça. Que le tout était d'apprendre à les gérer, et de savoir comment fonctionne l'autre (ça c'est lui qui l'a dit) mais qu'heureusement ça arrivait assez rarement quand même (ça c'est moi). J'ai ajouté que j'aimais sa manière de réagir, d'être à l'écoute, de ne pas insister ni chercher la petite bête. D'être ouvert à la discussion aussi. De ne pas me juger ni me condamner.

On a donc "fait la paix", je l'ai senti plus serein, je crois qu'il a vraiment flippé.. On a dîné léger (j'en suis à mon 4ème jour de régime là), il était mignon, avait acheté des Taillefine, et de la Tome allégée ;-) Puis on a regardé Les Tontons Flingueurs que je n'avais jamais vu (14ème visionnage pour lui..) j'ai beaucoup aimé, pile le film qu'il fallait.

Puis dodo, juste tendresse, il m'a dit qu'il m'aimait, puis ensuite "t'es la meilleure darling", j'ai ri, puis il a ajouté "ton problème c'est que tu ne le sais pas". Puis moi "si parfois je le sais, parfois seulement".

Ce matin bien aussi, rien de particulier. Juste que maintenant je commence à vraiment réaliser pour l'appart. C'est bizarre, j'ai de nouveau ce sentiment que c'est quelque chose de génial. Toujours un peu de trouille, mais moins qu'hier et que ces derniers jours. Peut-être que j'avais besoin de ces quelques jours de flottement, où je ne réalisais pas ce qui m'arrivait, pour mieux apprécier ensuite, je ne sais pas.

Là, j'ai juste l'impression que le message "tu vas habiter avec ton amoureux et c'est génial" est en train d'arriver dans mon cerveau. Dès que je visualise l'appart (ce que je ne parvenais pas à faire ces derniers jours, je n'y pensais d'ailleurs pas), ça me fait du bien. Comme avant en fait.

Mais qu'a t'il bien pu se passer pour que je débloque à ce point ? Point d'interrogation donc...

par Zabatchka publié dans : Chronique d'une reconstruction
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Mardi 20 mars 2007

Oui, depuis quelques jours je me sens à nouveau fragile, peu confiante, et hier soir, en rentrant du travail, j'ai eu l'idée de génie de relire ce que j'écrivais les premiers mois de mon histoire avec O., les petits bas et les grands hauts. Et étrangement, ça m'a replongée dans mes périodes de doutes, quand je me prenais la tête pour pas grand chose en apparence, mais que je touchais pourtant bien le fond, pour rebondir ensuite et prendre du recul, toujours plus vite. Ce qui m'inquiète, c'est que tout ça m'a paru, très, mais très familier... Et que je sais pertinemment que je n'ai pas tant changé que ça, que mes monstres sont toujours là. Il m'a suffi de repenser à certaines situations (ses déplacements, ses silences trop longs pour moi, son manque d'empathie parfois) pour me dire que très certainement, si ça devait se reproduire (et ça se reproduira c'est certain), je reproduirai moi-même les mêmes schémas.

Comme si finalement quand ça va bien, ce n'était que temporaire, que la vraie moi c'est la Julie qui lutte contre ses fantômes. Comme si les moments d'accalmie n'étaient justement que des moments de sérénité illusoire.

Vous vous demandez certainement "mais qu'a t'il pu bien se passer de si terrible depuis mon dernier post si idyllique, pour qu'à nouveau je sois submergée de doutes ?" Et bien je vous réponds que rien de particulier, que tout suit son cours, qu'on s'est commandés un super lit pour l'appart, qu'on entame les démarches administratives de rigueur, que tout va bien objectivement, que quand on se voit c'est toujours des moments magiques, qu'on se fait des kifs, que telle est notre devise, passer des beaux moments ensemble, même avec deux bouts de fromage, un verre de rouge et un dvd, et que ça continue de bien fonctionner comme ça.

Seulement, à la relecture de mes posts d'il y a quelques mois, forcément j'ai comparé certains trucs que je disais de lui, avec aujourd'hui. Par exemple, j'écrivais souvent qu'on se disait qu'on se manquait quand on n'était pas ensemble. Qu'il me disait sans cesse que c'était trop bien d'être mon mec. Des choses comme ça.

Alors je me suis apperçue que ces choses là je les entendais moins maintenant. J'en entends d'autres, tout aussi belles, mais j'ai la peur panique que maintenant on entre dans une autre phase de notre histoire, peut-être plus solide, moins passionnée, moins tumultueuse (même si à bien y réfléchir ça n'a jamais été vraiment tumultueux entre nous, c'est entre moi et moi que ça l'était), et ça me terrorise.

J'ai parfois l'impression d'être comme blasée, et que quand il me dit qu'il m'aime il ne le pense pas vraiment, j'ai des accès de parano aigüe dont j'ai moi même honte. Impression aussi d'être éternellement insatisfaite, que maintenant que ça y est, on a signé pour l'appart, je demande autre chose, toujours plus, jamais rassasiée. Alors que non, je ne demande rien finalement, juste qu'il soit là, qu'il continue de m'aimer comme il le fait, et que surtout il ne change pas.

Je ne sais pas bien expliquer ce qui se passe dans ma tête. Ce week end j'ai été triste une bonne partie du temps, sans vraie raison. J'ai pensé à un moment qu'il ne me désirait plus comme avant. Et ça a commencé à vriller en moi. Tout ça parce qu'il était fatigué. Quoi de plus humain que d'être épuisé un vendredi soir ? Mais comme je suis pathologiquement traumatisée par l'idée que la routine puisse s'installer entre nous, au moindre signe de changement je pars en vrille.

Vous voyez, je n'ai pas tant changé que ça.

Parfois j'ai envie de me donner des baffes, je me sens nulle, laide, grosse, et conne. Et j'ai tellement peur qu'il s'en apperçoive.

Impossible de me raccrocher à nos beaux projets quand je suis comme ça. Même l'idée de l'appart me laisse presque indifférente.

Il y a longtemps que je n'avais pas écrit un roman sur ce qui se passe dans ma tête, et ce soir, comme je suis en pleine crise de manque de confiance, j'ai saisi l'occasion. Heureusement ça n'arrive pas souvent.

Alors voilà: j'ai peur qu'il change, qu'entre nous ça change quand on habitera ensemble. En mal j'entends, car sinon, bien sûr que ça va changer. Peur qu'il me considère comme acquise et ne fasse plus d'efforts. Peur qu'il me dise qu'il m'aime sans plus le penser vraiment, juste par habitude. Peur de rentrer dans la dépendance (je lutte contre).

Dimanche soir quand on s'est quittés, on venait de passer tout le week end ensemble, je me suis sentie très angoissée à l'idée de rentrer seule chez moi. C'était très fort, je ressentais avant même qu'on se sépare un vrai manque, quasiment physique. Le même que je ressentais quand je raccompagnais B. à la gare, et qu'on n'allait pas se voir pendant plusieurs semaines. Un truc de dingue, qui me prenait entièrement et m'empêchait de faire quoi que ce soit ensuite.

Bon là j'allais ensuite dîner chez mes parents, et donc c'est passé tout seul. Surtout qu'en rentrant chez moi ensuite il m'a appelée juste pour me faire des bisous. Ca m'a fait un bien fou, mais toujours un filet de tristesse, inexpliquable. Et je suis comme ça depuis quelques jours donc, à avoir un peu de colère envers lui sans raison, à anticiper un éventuel manquement de sa part, alors que Dieu sait qu'il est présent du mieux qu'il peut. Il m'envoie même un petit mail de temps en temps, juste pour faire des bisous, ce qui me manquait avant. O. est un garçon très "parlable", dans le sens où si je lui fais remarquer un truc qui ne m'a pas plu, il en tient compte aussitôt, et ça dure dans le temps.

Je sais la chance que j'ai. Mais je suis tellement intimement consciente que rien ne dure, que parfois ça me pourrit les beaux moments. Pas toujours j'insiste.

Et puis ces deux derniers soirs, au téléphone, j'avais ma voix vide, atone, alors qu'on se racontait nos journées, bon d'accord rien de particulier, mais j'aurais voulu plus de sentiments et pas que des faits. Lui il avait la pêche, mais moi je ne sais pas, j'avais le sentiment d'être comme absente de nos conversations, à penser qu'on n'avait pas grand chose à se dire parfois, et ça aussi ça me fait peur. C'était encore comme ça ce soir.

Bon, j'espère que ça va passer, que je vais me reprendre et vite. Demain je vois le psy. Mais je ne lui parle pas beaucoup de ces choses là. Peut-être demain justement. Après je me rendrai chez O. Ca fait longtemps que je ne suis pas allée chez lui, quand on se voit c'est plutôt sur Vincennes maintenant.

J'ai entamé un régime depuis deux jours. Ca aussi ça doit me rendre un peu irrascible je ne sais pas. Et il faut aussi dire que comme beaucoup de monde, même si peut-être plus que la moyenne, mon état mental dépend énormément du temps qu'il fait. Et là, inutile de dire que c'est mortellement morbide.

Bon, à très vite vous, et bonne semaine...

par Zabatchka publié dans : Chronique d'une reconstruction
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Dimanche 11 mars 2007

Cela fait une éternité que je ne suis pas venue (merci Joèlle pour tes petits coms que je ne lis qu'aujourd'hui), et il s'en est passé des choses depuis mon dernier post...

Deux semaines à arpenter les rues de Paris à la recherche de l'appart idéal... Organisation de visites, où O. m'accompagnait quand il pouvait, jusqu'à vendredi soir où on est allés ensemble à celui qu'on a choisi... Je l'avais visté avec ma soeur mardi soir, il m'avait plu (j'en ai vu de toutes sortes et je pouvais comparer), et je voulais qu'O. le voie aussi. Il a eu la même réaction que moi: whoua !.. L'espace, hyper fonctionnel, séjour au Sud donc ensoleillé, vraie cuisine, vraie salle de bains, toilettes séparées, bref, je vous passe les détails, mais il a adoré tout de suite. Quartier pas top dans le sens où il ne se passe pas grand chose, mais on a préféré privilégier l'intérieur. Dépôt de notre dossier, attente fébrile de la réponse de l'agence, jusqu'à l'appel providentiel hier après-midi, alors qu'on se balladait dans le Marais avec la soeur de O. et son copain (en visite à Paris pour le week-end): c'était bon ! ;-)

On signe mardi soir, et on est tous les deux très heureux de cette nouvelle. Il est libre le 23 avril, O. doit appeler sa proprio ce soir pour négocier son préavis.

Voilà pour LA grande nouvelle...

Sinon, on a aussi arrêté notre week-end en Italie, on ne savait pas encore pour l'appart et ça tombe plutôt mal en fait: départ le 28 avril, retour le 1er mai, on va voir comment s'organiser... Il a pris les billets et j'ai réservé l'hôtel: Bologne puis Florence et San Gimignano...

Période très chargée émotionnellement parlant, car le déménagement et ce retour en Italie pour moi, c'est plus que symbolique...

Je vois toujours mon psy sinon, et ça va bien. Les médocs c'est complètement fini depuis 3 semaines et je ne m'en porte pas plus mal. J'ai re-eu des petites décharges électriques dans le cerveau une dizaine de jours, puis c'est passé.

Seul point négatif en ce moment: mon boulot. Mais c'est bien connu, quand quelque chose s'arrange/va bien, autre chose se met à ne pas aller. Mais à choisir, je préfère que ça soit réparti comme ça...

A très vite.

par Zabatchka publié dans : Chronique d'une reconstruction
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