Alors par où commencer... comment résumer 3 semaines si loin de ce que j'ai toujours connu, en étant tout à fait honnête et en n'omettant aucun petit détail ayant tout de même son importance ?.. C'est infaisable... Je vais essayer d'être la plus fidèle possible.
J'ai vu tant de choses, éprouvé tant de sensations nouvelles, approché une culture si différente de la mienne, que les mots sont impuissants à retranscrire ce mélange d'impressions. Pour la première fois depuis longtemps, pour la première fois tout court peut-être même, j'ai la vraie nostalgie d'un lieu.
Je me sens plus riche, intérieurement du moins (car extérieurement pas vraiment non... ;-)), c'est étrange comme sensation, et j'ignore si elle va perdurer dans le temps. Moins matérialiste aussi. J'ai vu la pauvreté, l'humilité, la bonté, les sourires éclatants et les dents blanches des enfants, la générosité.
Les deux premiers jours on les a passés à Kathmandou, premières impressions sur la ville à la sortie de l'aéroport, tôt le matin, après un voyage sans fin: pollution (Paris à côté c'est la campagne...), insalubrité, saleté, bordel incroyable, et pauvreté.
L'oncle et le cousin de K. nous attendent, taxi, puis installation dans les chambres, milk tea préparé par Binita (belle-soeur de K.) (boisson dont on demandera la recette avant le départ tellement elle représente ce séjour...), que l'on boit sur la terrasse tout en haut, en tentant d'apprivoiser les premières heures dans Kathmandou, les couleurs, les odeurs, le semi-chaos. Premier Dal Bat (typique plat népalais: riz, soupe de lentilles et légumes type pommes de terres, choux ou haricots verts, épicés) aussi, dont on ne pourra plus se passer par la suite.
On a "perdu" ma cousine C., qui on l'espère, arrivera par l'avion du soir. Sieste, puis vers 17 heures, direction le quartier de Thamel, pour retirer des roupies, et aéroport, dans l'attente fébrile de ma cousine, qui finit par arriver.
Fête de Dasaïn, l'une des plus importantes de l'année, on célèbre entre autres les machines (qui permettent aux népalais de gagner leur vie): les voitures sont ornées de rubans, ça nous fait sourire. Des vaches en liberté dans les rues, bloquant parfois la circulation (c'est un animal sacré là-bas). Cérémonie du tika (la grand-mère puis la belle-mère de K. déposent sur notre front à tous les 6, du riz coloré rouge), en formulant la prière d'un an de bonheur...
Visite de Bodnath le lendemain, la stupa la plus importante du pays, un temple immense, autour duquel marchent, dans le sens des aiguilles d'une montre, des moines tibétains, des bouddhistes, des touristes aussi. Un Cyber Café sur la place, j'en profite pour envoyer des mails, j'en ai un de O... ;-)
Le lendemain, départ pour le treck, direction Pokhara en van, présentation avec les porteurs et guides qui vont nous suivre pendant dix jours, l'aventure peut commencer...
Sept jours d'une marche d'environ 8 heures quotidiennes, de gros dénivelés souvent, passage dans des villages népalais, paysages de rizières, de plants de cannabis (;-)), forêts tropicales, déserts, une multitude de sensations... Arrêt chaque jour vers 17 heures (ça dépend du rythme) dans des lodges plus ou moins propres, n'ayant pas toujours l'électricité, et jamais l'eau chaude. Pannes de courant à répétition, qui au début exaspèrent (quand on a du shampoing sur la tête dans une pseudo douche d'eau froide avec une odeur sur laquelle je passe, par exemple), et auxquelles on s'habitue au fil du temps, dont on sourit presque même sur la fin.
On vit au rythme du soleil, lever vers 6 heures le matin, coucher vers 21 heures le soir, et dans une forme incroyable malgré les courbatures... L'air de la montagne commence à nous gagner... ;-) On a une vie saine, nos globules rouges sont gonflés à bloc, et on mange sainement. Par contre je continue de fumer...
Passage à Ghorepani, journée la plus difficile le lendemain: lever à 5 heures alors qu'il fait encore nuit, a jeun, armés de torches et ascension de 100 mètres raides à plus de 3000 mètres d'altitude (respiration très difficile), pour pouvoir assister à Poon Hill au fameux lever du soleil sur l'Annapurna (5h50)... On est fiers de l'avoir fait, même si on a le sentiment d'avoir un peu forcé sur nos réserves, d'avoir dépassé nos limites, d'autant que la journée n'est pas finie loin de là: il reste environ 8 heures de marche avant d'atteindre Tatopani où on dormira le soir, village connu pour ses sources chaudes, ce qui nous motive...
A chaque passage dans un village, des enfants nous crient "Namaste !" (Bonjour) et souvent, nous demandent de les photographier pour pouvoir ensuite se voir sur le numérique ;-) Ca les amuse beaucoup. On leur donne parfois des stylos, et des bonbons aussi, qu'on a apportés spécialement.
Ma cousine C. se met à souffrir du genou au bout de quelques jours, et elle décide de s'arrêter à Jomsom, c'est de là qu'on prendra dans 3 jours un avion-coucou (16 places) de la Yeti Airlines (;-)) pour retourner sur Pokhara. Je décide de rester avec elle, je suis moi aussi épuisée après ces 7 jours de sport intense... les autres continuent jusqu'à Muktinath et nous rejoindront dans 3 jours.
De nouveau accès aux mails, car il y a un Cyber Café (un seul ordi...) à Jomsom... petit village au milieu de nulle part, le désert tout autour, frappé par les vents tous les jours à partir de 10 heures, et évidemment, par les pannes d'électricité aussi...
Avec ma cousine C. on se repose, on récupère, on devient copines avec une népalaise tenant une boutique de souvenirs ;-), je troque un polaire et une Damart contre des bijoux... Pendant que certains treckent, d'autres troquent... Elle nous invite à boire du milk tea, et on commence à attendre avec impatience le retour des autres, car en dehors du passage de troupeaux de yaks et du décollage des avions (aérogare face au lodge) il ne se passe pas grand chose à Jomsom.
Suite très vite...
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