Hier a été un vrai jour sans fin. Et là, je sens que je reviens de très loin...
J'avais envoyé à O. un mail dans la matinée, pour me justifier un peu de mon ton vide et atone de la veille, et du fait que je lui avais fait part de ma fragilité ces jours-ci. Voici donc le mail en question:
"Hi you,
j'espère que tu as passé une belle soirée hier, que ça t'a fait du bien ;-) [il sortait et allait annoncer la nouvelle de l'appart à son meilleur ami R. ndlr].
Moi je vais mieux, même si je sais que ces phases de manque de confiance et de fragilité font partie de moi et qu'il y en aura d'autres, je me "soigne" pour ça comme tu sais, j'apprends à mieux gérer du moins...
Voilà, je voulais juste te dire ça. Pas d'inquiétudes à avoir donc, je t'embrasse darling have a beautiful day...".
Plus tard, j'ai reçu ceci:
"Hi darling,
Justement après le coup de fil d'hier soir j'ai eu une petite inquiétude donc ton mail tombe à point nommé pour éclaircir les choses.
J'ai passé une bonne soirée hier : j'ai annoncé la grande nouvelle à R. qui était ravi. Mais bon je repensais quand même à notre coup de fil. Et puis un peu à ce week-end aussi.
Du coup j'avais prévu de t'en parler ce soir mais je me pose une question : pourquoi t'as l'air moins heureuse depuis qu'on a signé notre appart ?"
Gloups. Cette dernière phrase m'a fait l'effet d'un coup de poignard. Peut-être car elle sonnait juste. Non que j'étais moins heureuse, mais que je m'étais comme éteintee depuis le jour de la signature. Je comprenais sa question à un point incroyable. Son inquiétude aussi. Sans pouvoir m'expliquer à moi-même mon état.
Je l'ai appelé aussitôt après avoir lu ses mots, il était en compagnie de collègues, sur le point d'entrer en réunion, donc pas possible de trop parler. Je l'ai rassuré, enfin j'ai essayé. Je lui ai dit que j'avais juste le bonheur anxieux, que ce week end c'était juste le temps glauque, que c'était un concours de circonstances. Il m'a dit que des petits éléments isolés n'étaient pas importants, mais que quand on les mettait tous ensemble ça pouvait avoir son importance. Il voulait juste essayer de comprendre. Et moi à part lui dire que tout allait bien, que je l'aimais et que j'étais heureuse (à un moment il m'a dit "on ne dirait pas" - que je suis heureuse -), je ne savais pas quoi dire. On a du raccrocher car il rentrait en réunion, on a dit qu'on en reparlerait ce soir (gloups aussi, ça m'a rappelé mes anciennes discussions avec B.).
Après-midi glauquissime, d'autant que je lui avais envoyé un beau mail après qu'on ait raccroché, resté sans réponse, j'ai appris plus tard qu'il ne l'avait pas lu.
Soir: psy, à qui j'ai d'ailleurs imprimé ce que j'ai écrit dans mon dernier post. La séance a été assez complexe, dans le sens où pour la première fois on a abordé de front mon problème, puisque j'étais hier en pleine "crise". J'avais la voix qui tremblait, failli pleurer. Même si bon pour le moment, le problème est non identifié...
J'avais une peur panique d'aller chez O. ensuite, peur de la discussion inévitable, et de devoir me justifier, m'expliquer, sur un truc que je ne parvenais pas à m'expliquer à moi même. Peur de ne pas être convaincante car pas convaincue. Pas envie de le faire se poser des questions, de lui transmettre mes doutes et angoisses... Car le voir angoissé me destabliserait davantage encore.
Je suis arrivée chez lui, il était en train d'étendre sa machine, arrivé depuis peu, toujours en costard, un peu speed, sale journée au boulot aussi, qu'il m'a racontée... Un peu d'électricité dans l'air, quand il m'a demandé si ma séance s'était bien passée et que je lui ai juste répondu "oui", qu'il a fait "intéressante ?" et que j'ai répondu que "oui intéressante" avec apparemment un petit rire qui l'a agassé.
Puis il m'a rejointe dans le salon, m'a raconté ses problèmes au travail, avec parfois une main sur mon genou, et on a abordé le fameux sujet.
Je l'ai rassuré du mieux que j'ai pu, et plus je lui parlais, plus ça me soulageait. Ce que je voulais, c'était l'entendre me dire "tout va bien alors". Je lui ai demandé s'il me croyait, s'il était plus serein maintenant que je lui avait dit que peut-être, tout ça c'était aussi le contrecoup après l'excitation de la recherche d'apparts, les visites, et maintenant le vide puisque l'attente des clés. Il m'a dit que finalement on avait un peu réagi à l'inverse, que lui, avant de signer il avait eu du mal à conceptualiser, à se projeter vraiment etc et que maintenant il n'arrêtait pas d'y penser toute la journée, et que moi au contraire, depuis qu'on a signé on dirait que j'ai l'impression qu'il n'existe pas cet appart.
C'est un peu vrai...
Bref, on s'est serrés fort, je lui ai dit qu'il me rendait heureuse, il m'a répondu que ça le rassurait de me l'entendre dire car ces derniers jours il en avait douté. Mais que là ça allait mieux. Je lui ai dit aussi que c'était des états, que c'était MOI et pas lui et moi le problème. Que ça recommencerait certainement, que j'étais comme ça. Que le tout était d'apprendre à les gérer, et de savoir comment fonctionne l'autre (ça c'est lui qui l'a dit) mais qu'heureusement ça arrivait assez rarement quand même (ça c'est moi). J'ai ajouté que j'aimais sa manière de réagir, d'être à l'écoute, de ne pas insister ni chercher la petite bête. D'être ouvert à la discussion aussi. De ne pas me juger ni me condamner.
On a donc "fait la paix", je l'ai senti plus serein, je crois qu'il a vraiment flippé.. On a dîné léger (j'en suis à mon 4ème jour de régime là), il était mignon, avait acheté des Taillefine, et de la Tome allégée ;-) Puis on a regardé Les Tontons Flingueurs que je n'avais jamais vu (14ème visionnage pour lui..) j'ai beaucoup aimé, pile le film qu'il fallait.
Puis dodo, juste tendresse, il m'a dit qu'il m'aimait, puis ensuite "t'es la meilleure darling", j'ai ri, puis il a ajouté "ton problème c'est que tu ne le sais pas". Puis moi "si parfois je le sais, parfois seulement".
Ce matin bien aussi, rien de particulier. Juste que maintenant je commence à vraiment réaliser pour l'appart. C'est bizarre, j'ai de nouveau ce sentiment que c'est quelque chose de génial. Toujours un peu de trouille, mais moins qu'hier et que ces derniers jours. Peut-être que j'avais besoin de ces quelques jours de flottement, où je ne réalisais pas ce qui m'arrivait, pour mieux apprécier ensuite, je ne sais pas.
Là, j'ai juste l'impression que le message "tu vas habiter avec ton amoureux et c'est génial" est en train d'arriver dans mon cerveau. Dès que je visualise l'appart (ce que je ne parvenais pas à faire ces derniers jours, je n'y pensais d'ailleurs pas), ça me fait du bien. Comme avant en fait.
Mais qu'a t'il bien pu se passer pour que je débloque à ce point ? Point d'interrogation donc...
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Commentaires